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INFRASTRUCTURES – PROJETS FERROVIAIRES Pau. LGV : le train à ne pas rater Sudouest.com - 02/10/2009 AGGLO DE PAU. Unanimité, hier soir, sur le projet de ligne ferrée à grande vitesse. Malgré certaines aigreurs
L'agglomération de Pau est pieds et poings liés dans le dossier de la future ligne à grande vitesse. La réunion publique de Conseil communautaire, organisée hier soir, en mairie de Pau, en a fait l'éclatante démonstration. Huit mois après avoir voté une première délibération pour la signature d'un protocole en vue de la réalisation de la LGV Sud-Europe Atlantique, les délégués ont dû revoir leur copie.
L'agglo acceptait de participer à hauteur de 21 millions d'euros dès l'an prochain pour la réalisation du tronçon reliant Tours à Bordeaux. En mettant deux « réserves » à sa signature. Il s'agissait, d'abord, de lier ce financement à la « prise en compte » de la desserte du Béarn et de la Bigorre. Mais également de demander à ce qu'une « clause de bonne fortune » soit mentionnée, de manière à ce que l'agglo ait sa part de bénéfices au cas où la LGV serait « sur-performante ».
Au terme de réserves, créant des obligations, le préfet de Région a préféré celui d'« observations » vraisemblablement plus commode pour l'État. Dans son dernier courrier, la « levée des réserves » était explicitement réclamée pour pouvoir signer le protocole. La nouvelle délibération qui l'entérine a été adoptée hier soir. Elle va « permettre aux études en cours sur la desserte du Béarn et de la Bigorre d'aller à leur terme » - le principe d'une desserte locale étant désormais acté -, et de saisir la Commission nationale du débat public pour dire si, oui ou non, il faut un nouveau débat. Ce n'est qu'au bout d'un processus de plusieurs mois que Réseau ferré de France dira quelle desserte exactement (par Pau ? par Orthez ?) a sa préférence... Autant dire que Pau n'a encore aucune assurance de toucher le gros lot !
Sur le tronçon Bordeaux-Espagne, celui qui peut éventuellement permettre de désenclaver le Béarn, c'est même toujours le flou. Combien ça va coûter à l'agglo, cette fois ? Celle-ci aura-t-elle les moyens de son ambition, alors qu'il faut assumer les investissements locaux (stade d'eaux vives, par exemple) et faire face au traitement social de la crise ? Les délégués communistes ont tour à tour exprimé leurs craintes sur ce sujet. Michel Aguer, de Lescar, voyant dans l'accumulation des nouvelles charges « les prémices de la 4e colonne », c'est-à-dire de la création d'un impôt communautaire à la charge des familles.
L'agglo n'a toujours pas scellé de nouveau pacte financier entre ses quatorze communes dans un contexte d'incertitude sur ses ressources (la taxe professionnelle). Mais elle a des équipements à gérer, des investissements à assumer (médiathèque...) et une réorganisation des services à mener qui passe par la mise en ordre (avec la Ville de Pau) de son patrimoine immobilier. Et ça chiffre vite.
La construction d'un bâtiment neuf pour la direction des déchets, par exemple, c'est 1,3 million. L'acquisition d'un système moderne de vente de billets pour les bus (validée hier) coûtera, elle, 2,4 millions d'euros...
Le « chantage » de l'État
Alors, à défaut de trouver de nouvelles recettes, faut-il faire venir le train à grande vitesse à échéance de 15 ou 20 ans ? Ou bien privilégier les urgences économiques et sociales du moment ? Les élus n'ont pas tranché, hier, semblant vouloir tout mener de front.
Malgré le « chantage » (demande de financements sans garanties de desserte satisfaisante du Béarn) de l'État, malgré les divergences sur le rôle qui sera donné à la gare de Pau, ils ont voté la délibération pour la LGV à l'unanimité. Parce que, « si on n'entre pas dans ce jeu-là » assure la présidente Lignières-Cassou, c'est-à-dire si l'agglomération de Pau et son pays ne montent pas aujourd'hui dans le train de la LGV, économiquement, à terme, « on est mort ». << Retour au sommaire |